Les règles de l'atelier
Elles sont affichées près de la presse, rappelées à qui s'installe, et appliquées de la même façon pour tout le monde.
Ce qui vaut de la porte à la verrière
- L'atelier n'accueille que des majeurs, salle du devant comprise, même pour un simple dîner.
- Une carte d'identité peut être réclamée sur le seuil comme au bord d'une table, à toute heure.
- L'entrée se refuse parfois, sans explication ; les chiens attendent dehors, à l'exception de ceux qui guident quelqu'un.
- Le jeton compose un score et ne vaut rien : on ne l'achète pas, on ne le rachète pas, on ne le convertit vers rien.
- Aucune somme ne passe d'une main à l'autre autour d'une table, et pas un appareil de jeu n'est installé dans ce bâtiment.
- Le carnet de points s'efface à minuit ; les appels se prennent dans la cour, et une tablée ne se photographie qu'avec l'accord de chacun.
D'où viennent ces six lignes
Un atelier de gravure vivait de gestes réglés : la même charge d'encre, la même pression sous le barreau, la forme lavée au même moment. La maison a gardé cette habitude et l'a réduite à six phrases punaisées près de la presse.
Le comptoir cesse de servir qui a manifestement trop bu : la décision appartient à l'équipe et ne se négocie pas, puis un taxi est commandé, à n'importe quel moment de la soirée. Le reste tient à peu de chose — les planches de la vitrine et les outils des casiers appartiennent au fonds du graveur, et rien de tout cela ne se touche.